Pratique de jugement

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  L’animal d’exposition doit répondre à différents critères qui sont considérer par l’éleveur en premier lieu, puis par le juge.   

Le premier coup d'oeil


    Pour l’éleveur expérimenté et le juge le premier coup d’œil revêt une importance capitale. Dès que le sujet est extrait de la cage et posé sur la table notre œil le parcourt de son ensemble en quelques secondes. Nous observons rapidement tête, cou, épaules et pattes ensuite le tronc et pour finir croupe et queue. Cette vision d’ensemble de l’animal donne un premier aperçu sur sa silhouette, ses proportions corporelles, l’harmonie de ses formes et son état général.
    La figure ci-dessous différemment striée représente les degrés d’importance attachés au sujet d’après les données générales de l’espèce et des particularités raciales décrite dans le standard. L’œil du juge et sa main pour palper le lapin ainsi présenté sont alternativement et complémentairement mis à contribution. Le premier coup d’œil ne doit pas avoir d’autre incidence qu’une impression générale préalable avant de passer ensuite à l’examen en détail du sujet.
    Pour une grande majorité de race la simple vision d’ensemble de l’animal doit permettre de différencier les sexes. La tête large et forte, la poitrine puissamment développée, les membres épais, la musculature correctement exprimée caractérisent les mâles. Les femelles présentent toutes proportions gardées, plus de finesse générale. Leur tête est plus étroite et plus fine, leur corps paraît plus allongé avec une ossature un peu plus légère, seul leur arrière train a un développement plus accentué avec un bassin large.

Nous verrons donc successivement :
 

Le jugement de la tête et du coup




    La tête comprend la face et le crâne. La face s’étend des deux maxillaires supérieurs et inférieurs aux os nasaux contituant le chanfrein et débordant sur les cotés jusqu’aux pommettes. L’os frontal sous lequel est situé l’orbite oculaire entame la face latérale inférieure dotée d’un orifice, le trou auditif.




    Chez le mâle le développement de la tête laisse apparaître un font large, un os nasal légèrement bombé, nu museau assez prononcé, des joues bien remplies et des mâchoires nettement visible ( figure 1 ). Chez la femelle la ligne de la tête est plus fine et légèrement plus allongée. Les joues sont moins exprimées ainsi que le museau qui toutefois ne doit pas être pointu ( figure 2 
    Un autre signe caractéristique pour certaines têtes de mâles est le bouton du menton qui est une excroissance peaucière naturelle n’ayant à subir aucune pénalisation. (Figure 3).

   
    Son développement ne doit toutefois jamais résulter d’une inflammation locale. Il est bien entendu que ce bouton doit se situer à hauteur du menton et non du cou ce qui à ce moment ne serait plus un bouton mais un fanon, défaut grave chez le mâle de toutes races et qui favorise la formation de fanon disgracieux chez la femelle.   

Chez les femelles adultes, le fanon tends toujours à s’identifier et peut aller jusqu'à tomber sur les pattes. Dans ce cas nous sommes en présence de fanon doubles voire même de tabliers.

    La peau doit, chez toutes les races, bien adhérer à la poitrine. Des poitrines décollées sont, surtout, visibles chez les vieilles femelles. Lorsque cette anomalie se fait voire chez des femelles plus jeunes, il faut les éliminer de la reproduction. Le cou, pour la plupart des races, est peu visible et la tête collée au corps. Cela extériorise bien l’aspect ramassé et trapu de certaines d’entre elles. Le cou des lapins est composé de 7 vertèbres et devient visible lorsque l’animal lève la tête par curiosité. Dans le cas où il est prévu être visible la description des races intéressées le spécifie expressément.



    Fanons et naissance de fanons chez le mâles de toutes races est à proscrire chez les sujet utilisés comme reproducteurs, l’éleveur doit impitoyablement les éliminer. ( figure 5). En cas de doute et afin de bien s’assurer de la différence entre bouton et naissance de fanon
observons le lapin de côté. Le bouton est lui toujours situé à la même auteur que les narines. Sa fourrure peut ne pas avoir la même couleur que le reste du corps et être légèrement souillé suivant le type de matériel utilisé dans la conduite du clapier. Le fanon quant à lui est toujours situé au niveau du pli du coup ( léger décollage transversal de la peau ) la couleur est toujours la même que le reste du corps et n’est jamais souillé.


    Chez les femelles de race lourde et moyenne ( sauf lièvre ) ainsi que chez les femelles de petites races ( Feh de Mabourg, petit chinchilla, doré de saxe, petit belier, petit papillon ), un petit fanon est autorisé chez les femelles ( adultes pour les derniers cités ). Pour autant qu’il est admis, il doit toujours être simple, bien arrondi et non dévié un peu l’apparence d’un nid d’hirondelle.

Les oreilles

   
Coiffant la tête, les oreilles velues et pourvues de puissantes attaches cartilagineuses, tout particulièrement à leur base, s’arrondissent plus où moins à leurs extrémités. Les oreilles contribuent à caractériser certaines races comme les cornes le cerf. Des décennies de sélection ont contribué à façonner les oreilles suivant des principes de base afin de donner à certains sujets ( géant, bélier, nain ) un type et un port bien déterminé. Naturellement il existe une différence fort sensible entre les 65 cm d’envergure du bélier anglais et les 5 cm du nain.  
    Pour la majorité des races les oreilles sont portées droites, légèrement écartées à leur extrémité supérieur et plus où moins arrondies. Pou toutes, elles sont bien velues sur leur partie extérieure et très peu à la partie intérieure. Chez le bélier français, les oreilles sont bien situées sur le haut de la tête, elles débutent par un fort bourrelet basai ( couronne ) puis s’infléchissent aussitôt verticalement et pendent des deux côtés de la tête. Bien collées aux joues, leur ouverture est tournée vers ces dernières. Cette disposition caractérise des oreilles rappelle la forme d’un fer à cheval (  figure 6 ).   

Les yeux

    Les yeux bien ouvert sont vif et expressifs. C’est l’iris qui lui confère à l’œil sa couleur. Le trou de la pupille n’a qu’un effet de profondeur. 

    L’iris des lapin albinos est dépigmenté, laisse voir le fond oculaire vascularisé et paraît ainsi rosé. Le yeux bruns présentent un iris fortement pigmenté tant sur sa face antérieure que postérieur. Les yeux bleus ( vienne, polonais ) qui correspond à un albinisme partiel des animaux qu’ ils se manifestent résultent de ce que le noir de la couche profonde ou postérieur de l’iris est voilé pas l’opalescence de la couche pratiquement dépigmentée. Les reflet rubis projetés sporadiquement par les yeux de certains lapins et plus particulièrement chez les havanes, feh, martre, zibeline, lynx proviennent d’une diminution pigmentaire qui atteint la couche profonde de l’iris.

    Des yeux de couleurs différentes chez un animal sont dits vairons. Les yeux sont dits hétérochromes quand leur iris est pigmenté par zone irrégulièrement mais nettement tachetée. Les taches pâles généralement d’un bleu pâle qui surgissent dans un iris brun résultent d’une dépigmentation partielle telle qu’elle se produit chez les lapins aux yeux bleu. Chez les yeux dit marmoréens, les nuances pigmentaires constatées suivent des trajectoires rayonnées à direction centrale.

    Dans le jugement de l’œil, il ne suffit pas d’en observer la couleur mais également son état sanitaire. L’œil est un excellent baromètre de santé de l’animal. L’œil malade est souvent larmoyant, cas général observé chez certains béliers. Cette affection est héréditaire. Dans l’hypothèse d’un œil fortement larmoyant le suintement du liquide coulant le long des joues souille le poil qui peut en mourir.

Le jugement du tronc

    Le tronc est la partie du corps sans la tête et les membres. Chez le lapin nous désignons donc par « tronc » l’ensemble constitué par les épaules, la poitrine, le ventre, le dos et la croupe.

    Chez les grandes races le tronc est supérieur tant en longueur qu’en hauteur à celui des petits mais il est demandé cylindrique pour certaines d’entre elles. Pour bien se rendre compte de cette caractéristique chez certains animaux de type chair ( néo-zélandais, californiens ) posez le lapin à même le sol et observez le en plongée. Son corps ne doit pas présenter d’amincissement de la partie avant ni de la partie arrière.
A gauche : tronc correctement formé. Epaules et croupe quasiment de largeur égale
A droite : mauvaise conformation avec arrière train aminci.
14 a : hauteur égale à la largeur.
14 b : type chai correctement exprimé, longueur du corps 3 fois hauteur
                              
     Type chair n’est pas obligatoirement synonyme de grandeur mais il peut être facilement identifiable. Les épaules, les cotés, la croupe et les flancs étant harmonieusement arrondis et charnus, la forme de la partie arrière doit être aussi haute que large dans une proportion de 1/1. La longueur du corps doit être 3 fois supérieure à sa hauteur ou largeur de 3/1 ( fig 14)

    Signalons également que le corps des mâles est plus petit que celui des femelles et ce dans toutes les races.
   
    Dans le jugement du tronc on porte une attention toute particulière au profil de la ligne du dos. Celle-ci débute à la base de la nuque, monte graduellement pour atteindre son point culminant à la hauteur des hanches pour redescendre ensuite en pente douce vers la croupe qui doit être bien musclée, pleine et arrondie.
    Deux groupes de défauts de la ligne du dos :
  • ceux qui dépassent cette ligne,
  • ceux qui restent en dessous.
    Les différents schémas nous montrent en premier lieu une forme idéal ensuite les différents défaits possibles.
                           

                                                Dans le premier groupe nous trouvons :
  • épaules désossées, où omoplates saillantes ( fig16)
  • dos de carpe ( fig 17)
Dans le deuxième groupe nous trouvons :
    • dos ensellé ( fig 18 ),
    • dos plat ( fig 19 ).
    Lorsque la croupe ,n’est pas assez arrondi et que la trajectoire régulière qui part de la nuque vers la queue est brusquement interrompue à hauteur de la croupe pour descendre en pente abrupte nous sommes en présence d’une croupe hachée ( fig 19).

    Lorsque cette même ligne s’effile vers la queue nous constatons une croupe fuyante ( fig 20 ).Ne pas confondre croupe hachée et croupe osseuse, dans les deux cas il d’une malformation du squelette de l’animal ( fig 21 ). Une croupe osseuse se constate en passant la main sur le dos de l’animal, celle-ci butte alors sur la partie squelette qui fait saillie. Cette anomalie peut également se voir dans certains cas critiques  sans que l’on touche l’animal, par simple vision sur cette partie du corps.


    Dans le jugement du tronc il faut aussi tenir compte de la poitrine et du ventre. La poitrine correctement développée est bien descendue entre les membres antérieurs. La cage thoracique  est ample et pourvue de côtes régulièrement arquées. ( fig 22 )

    La figure ci dessus présente un côté gauche (a) une poitrine correctement arquée et du coté droit (b) une poitrine étriquée ou étroite. L’abdomen aux dimensions non démesurées et de bon maintien est souhaité. Ces caractéristiques sont l’apanage de presque toutes les races ( fig 23).
    Dans le cas d’un ventre légèrement proéminent on peut supposer que l’appareil digestif est correctement développé que le lapin se nourrit normalement et produit une carcasse charnue. Dans le cas contraire ( ventre creux ) les organes digestifs sont insuffisamment développés, le lapin mange mal et la carcasse est souvent d’aspect rachitique. Notons que certaines races doivent gracieuses et racées comme un pur-sang ( lapin lièvre ). Cette apparence doit être naturelle et ne doit pas résulter d’une insuffisance quelconque, l’animal en position doit montrer une poitrine fermement musclée et exempte de tout embonpoint ; les épaules longues et bien attachées au corps prolongent les bras longs et fins. On doit pouvoir mettre aisément l’avant bras sous le ventre sans pour autant toucher celui-ci ne même la table sur laquelle il est posé.

Le jugement des membres


    Le jugement des membres se fait immédiatement après celui du tronc. Les membres comprennent :
  • en prolongement,  des épaules et des bras, les pattes antérieures formées de l’avant bras, du carpe et du métacarpe, correspondant à notre poignet et notre main, et posées correctement sur 5 doigts ongulés.
  • en prolongement des cuisses, les pattes postérieures repliées sur elles mêmes, portant les genoux serrés au corps et formant des jambes charnues, qui se terminent par de long pieds composé d’un talon, d’un ensemble tarse-métatarse et de 4 doigts ongulés.
    Le tout solidement implanté.Pour la quasi totalité des races les pattes sont fortes, bien droites, celles de devant posant bien mais légèrement sur le sol. Celles de derrières sont bien d’aplomb. Les attaches des pattes antérieures sont demandés bien solides de sorte que le lapin pose uniquement sur ses doigts, un peu comme un chat ( fig 24 ).

 
    Lorsque les attaches manquent de puissance, le lapin se pose sur l’ensemble de la première phalange, ce qui donne des pattes aplaties comparable à celles d’un ours ( fig 25 ). Ce défaut se vérifie en tournant l’animal ; on s’aperçoit à se moment que le poil est usés jusqu'à hauteur de la cinquième griffe ( celle du pouce ). Il entraîne une disqualification.

    D’autres défauts peuvent surgir sur les pattes antérieures notamment les doigts tournés soit vers l’intérieur soit vers l’extérieur. Les avant-bras sont droit et parallèles.

    Les anomalies les plus rencontrées sont :
  • les pattes en X ( fig 26 ),
  • les pattes en O ( fig 27 ).
    Les pattes postérieures sont portées parallèlement au corps de l’animal. Celle-ci lors de ses déplacements se pose d’abord sur les doigts ensuite les tarses et le talon.Elles servent d’appui au sujet pour se propulser vers l’avant.

    Lorsque les jarrets sont tournés vers l’intérieur la démarche de l’animal se fait à la manière d’une vache ( fig 28 ). Dans ce cas, on dit que le jarret est ouvert. Contrairement au jarret ouvert on trouve le jarret fermé. Ces défauts sont disqualificatifs.

    Les ongles sont expertisés pour vérifier l’état et le couleur. Ceux-ci peuvent être entièrement dépigmentés, soit de couleur corne plus où moins foncée. En règle générale, les ongles sont toujours de la teinte correspondant à chaque variété de couleur.

    Un ongle dépigmenté chez un animal entièrement coloré est un défaut grave et entraîne une disqualification du sujet. Il en est de même pour un ongle pigmenté chez un animal blanc où tacheté papillon. L’absence d’un ongle ( ou de plusieurs ) entraîne une disqualification.

     Chez les sujet manquant de mouvement, les ongles ne peuvent s’user normalement et poussent de façon démesurée empêchant l’animal de se déplacer correctement. Il convient de les couper à la longueur normale (fig 29).

Le jugement de la queue

    La queue prend naissance à la base de la croupe est droite et a un développement en harmonie avec la taille de l’animal. Elle est constituée de 16 vertèbres caudales.

    Lors de l’appréciation des lapins ce petit appendice joue un rôle important. On y contrôle notamment la couleur pour les races chez lesquelles celle de la partie supérieure n’est pas la même que la partie inférieure. En règle générale chez les races dont la couleur de base est l’agouti sous toutes ses nuances, la couleur inférieure de la queue est blanche.

    Le port aussi à son importance, la queue est portée collée au corps ce qui permet de voir, de l’arrière, le dessous de celle-ci.
Dans le standard officiel des lapins de races deux sortes de défauts y sont décrit :
  • les défauts légers entraînants une diminution du points ( fig. 30 et 31).
    • Queue fil de fer ( fig. 30-1).
    • Renflement d’une partie où de l’extrémité de la queue (fig. 30-2 et 30-3).
  • Expliquons quelques uns de ces défauts :
    • Déformation des deux dernières vertèbres (fig. 30-4).
    • Queue flottante, traînante où légèrement de côté ( fig.31).
    La queue flottante comme son nom l’indique n’a pas de position spécifique bien définie, invariablement elle se balade de droite à gauche décollée où collée au corps. C’est un défault souvent observé chez le lièvre belge. Quelquefois aussi ceux-ci portent leur queue cachée entre leur pattes arrières de façon qu’a première vue on a l’impression que le sujet n’en possède pas. La queue flottante est aussi bien observée chez une femelle sentant la présence d’un mâle ou inversement chez un mâle se trouvant occasionnellement être à côté d’une femelle.(fig.31-1)

    La queue traînante est généralement observé lorsque le sujet se déplace paisiblement à terre mais dès le moindre bruit anormal il la redresse pour la porter normalement. Dans ce cas précis la queue occasionnellement traînante n’est pas considérer comme défaut ( fig.31-3).
  • Les défauts grave  entraînant la disqualification ( fig. 32) : queue de travers, tordue, mutilée, troquée.
    La queue est dites de travers lorsqu’elle est franchement portée soit à droite, soit à gauche. L’assurance d’une queue de travers est obtenue de la façon suivante : saisir délicatement le sujet par les oreilles et soulever le tout en laissant les pattes arrières posées sur le sol ; observer à ce moment précis la position de la queue en regardant le sujet de face.

    La position dans laquelle le lapin à pour habitude de porter sa queue est également constatée par un léger enfoncement des poils de la croupe. Toutefois chez les sujet à poils longs tels que l’angora un tel phénomène est parfois difficilement perceptible.

    Un sujet avec queue mutilé, quoique souvent accidentel, est néanmoins à éliminer. Les sélectionneurs semblent minimiser l’importance que l’on peut attacher à cette petite partie du corps.

    Les défauts de la queue tirent souvent leur origine dans le rachitisme et rarement dans les installations aussi inadaptées soient-elles, le sélectionneur est donc tenu de s’en méfier et d’éliminer systématiquement ces sujets.


Edmond STEICHEN. La revue avicole N°2 ( mars-avril 2006) et N°3 ( mai-juin 2006 )




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