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...Le système digestif ...

Dans la bouche, les dents ont une croissance continue
comme indiqué au chapitre 3. Leur rôle masticateur est très modéré. Les glandes
salivaires (parotide, mandibulaire, sublinguale et zygomatique) produisent une
salive contenant une faible quantité d'amylase (25 µMoles de maltose produites à
partir le l'amidon, par mg de protéine salivaire, contre 250 à 450 pour le suc
pancréatique). La concentration en amylase est d'ailleurs indépendante du taux
d'amidon de la ration ou de l'état de jeûne de l'animal.
L'œsophage est placé entre la trachée et la colonne
vertébrale. Il ne permet de mouvement du bol alimentaire que dans la direction
de l'estomac. Il n'y a jamais de reflux de l'estomac vers la bouche, même de
manière accidentelle.
La paroi secrète principalement de l'acide
chlorhydrique, de la pepsine et des minéraux (Ca, K, Mg et Na). Le pH toujours
fortement acide varie cependant assez sensiblement au cours de la journée,
principalement dans la zone fundique (figure 12 ci-contre). Les pH les plus
élevés sont observés en présence de cæcotrophes ( pH de 3,5) alors que le pH le
plus fréquent est situé entre 1,5 et 2,0. La sécrétion de pepsine et
d'électrolytes varie également principalement en fonction du rythme d'ingestion
des caecotrophes. Le contenu de l'estomac représente 90 à 120g de matière
fraîche chez un lapin de 9 semaines en fonction de l'heure de la journée. Sa
teneur en matière sèche varie entre 16 et 21%.
Chez le très jeune lapereau (1ère semaine) la paroi
stomacale secrète une pepsine dont le pH optimum est situé vers 1,8 - 2,4, ainsi
que qu'une autre peptidase la rennine ou chymosine (pH optimum vers 3,4 - 3,8).
A partir de 21 jours, le pH optimum de la pepsine s'abaisse aux environs de
1,2-1,8 tandis que la rennine n'est plus décelable chez le lapin de 45 ou 60
jours. Pendant la période d'allaitement, cette endopetidase est responsable de
la coagulation du lait dans l'estomac par rupture de la chaîne de kappa-caséine.
La sécrétion de pepsine ne devient quantitativement importante qu'à partir de
l'âge de 30 jours environ. A l'inverse la lipase gastrique secrétée par une
petite zone de la paroi stomacale autour du cardia a sa production maximum chez
le lapereau de 30 jours, puis elle décroît rapidement entre 30 et 60 jours puis
jusqu'à 180 jours. Elle n'est plus mesurable chez l'adulte.
L'intestin grêle qui fait suite au pylore mesure
environ 3 m de longueur pour un diamètre d'environ 0,8 à 1 centimètre. Il est
classiquement divisé en duodénum, jéjunum et iléon, la partie terminale. Le
canal cholédoque qui apporte la bile en provenance du foie débouche au début du
duodénum, immédiatement après le pylore. Son ouverture dans le duodénum est
régulée par le sphincter d'Oddi. Rappelons que chez le lapin la bile est
sécrétée pratiquement en continu par le foie, puis stockée dans la vésicule
biliaire avant son évacuation. Le canal pancréatique débouche vers la fin du
duodénum à environ 40 cm du pylore. Sur la paroi, on observe de place en place
des plaques de tissu lymphoïde d'environ 1 à 2 cm de diamètre. Il s'agit des
plaques de Peyer. Les multiples glandes présentes dans la paroi de l'intestin
grêle secrètent de nombreuses enzymes qui viennent compléter celles sécrétées
par le pancréas.Le contenu de l'intestin grêle est liquide, surtout dans la
première partie. En outre, il est normal de trouver des portions d'une dizaine
de centimètres, vides de tout contenu. Le pH est légèrement alcalin dans la
première partie (pH 7,2 - 7,5) et s'acidifie progressivement pour atteindre 6,2
- 6,5 à la fin de l'iléon.
Cet intestin grêle débouche à la base du cæcum par le
"sacculus rotondus" qui contient la valvule iléo-cæcal. Sa paroi est constituée
de tissu lymphoïde. Le cæcum forme un second réservoir qui mesure environ 40-45
cm de longueur pour un diamètre moyen de 3 à 4 centimètres. Il contient 100 à
120 g d'une pâte homogène ayant une teneur en matière sèche (MS) de 22 pour cent
en moyenne et un pH proche de 6 (figure 13 ci-après). La paroi du cæcum
s'invagine selon une spirale qui fait 22 à 25 tours ou spires, augmentant ainsi
la surface de muqueuse au contact du contenu cæcal. A son extrémité, l'appendice
caecal (10-12 cm) a un diamètre nettement plus faible. Sa paroi est constituée
de tissus lymphoïde.
Très près de l'abouchement de l'intestin grêle,
c'est-à-dire de "l'entrée" du caecum, se trouve aussi le départ du côlon,
autrement dit la "sortie". De ce fait, le caecum apparaît comme une impasse
branchée en diverticule sur l'axe intestin-grêle-côlon .Les études de
physiologie montrent cependant que cette impasse-réservoir est un lieu de
passage obligé; le contenu circule de la base vers la pointe en passant au
centre du caecum, puis revient vers la base, le long de la paroi.
Après le caecum, on trouve un côlon d'environ 1,5 m. Il
est d'abord caractérisé par la présence d'haustra (petits renflements en forme
de poche) sur environ 50 cm : c'est le côlon proximal. Après une zone d'environ
1 à 1,5 cm portant les seuls muscles striés du tube digestif et appelée fusus
coli, la paroi devient lisse dans sa partie terminale; cette partie est appelée
côlon distal. Sa dernière partie est appelée rectum et se termine à l'anus. Ce
dernier est porteur des glandes anales.Relativement plus développé chez le jeune
que chez l'adulte, le tube digestif a pratiquement atteint sa taille définitive
chez un lapin dès 2,5-2,7 kg, alors que l'animal ne pèse encore que 60-70 % au
maximum de son poids adulte.Deux glandes importantes déversent leurs sécrétions
dans l'intestin grêle : le foie et le pancréas. La bile, provenant du foie,
contient des sels biliaires et de nombreuses substances organiques mais aucune
enzyme: c'est une sécrétion qui aide à la digestion sans agir elle-même. A
l'inverse, le suc pancréatique contient une quantité importante d'enzymes
digestives permettant la dégradation des protéines (trypsine, chymotrypsine), de
l'amidon (amylase) et des graisses (lipase).
Très globalement, il convient de retenir la longueur de
l'intestin grêle (3-3,5 m) avec son faible contenu relatif, et l'importance des
réservoirs que sont l'estomac et le caecum : 70 à 80 pour cent du contenu sec
total du tube digestif sont en effet concentrés dans ces deux segments. Enfin,
la teneur en eau du contenu peut varier très sensiblement d'un segment à
l'autre, par suite des sécrétions de l'organisme ainsi que des absorptions
d'eau.
