Varier le menu de vos lapins

La Flandrière    -    Cuniculture  -   Alimentation de base
 

    L’ennuie naquit un jour de l’uniformité reconnaissons que la vie de nos lapins est plutôt monotone et presque ennuyeuse, se déroulant, de la naissance jusqu'à la mort, sur le même demi mètre de cage, souvent sans grand exercice et imprévus. Peu d’autres animaux de ferme, sauf les victimes de ces usines animales moderne que l’on appelle batterie, non comme nos lapins, une vie comparable a la prison a perpétuité.

    Mais au moins, on peut compenser la grisaille de sa vie par la variété des menus, qui contribuera à sa bonne santé, car chez l’animal comme chez l’homme, la variété des aliments fait s’écarter les papilles gustatives et favorise la bonne digestion.

Image hébergée par servimg.com    Ceci dit, varier donc les menus de vos lapins. Et pour ce faire, ramassez pour vos élèves des liserons, chardons blanc, séneçons, plantains, pissenlits, fumeterres, bourse a pasteur, centaurée, armoise, remouillé, chient dent, achillée, mille feuille, moutarde noire, mélilot, vigne vierge, carotte et navets sauvages.

    Sont particulièrement recommandable, parce qu’ayant des propriétés anti parasitaire du tube digestif, le thym, la marjolaine, le serpolet, la sauge, la sarriette, le fenouil, des branches de genévrier, des jeunes pousses de saule, si riche en acide salicylique.  De petites pincés de persil, cerfeuil et céleri stimule l’appétit, mais il faudra éviter de donner les deux premiers aux femelles nourricières car ils nuisent a leur qualités laitières.

    Les meilleures plantes cultivés sont : le trèfle, la luzerne, le saint foin, les vesces, la minette, le lotier corniculé, dont les lapins raffolent. Les légumineuses sont très nourrissantes et constituent une bonne base d’alimentation en mélange avec un peu de foin sec. On variera les menu avec des choux fourragers qui ne gèlent pas, des ajoncs, des genets, des fanes de carottes et de topinambour, mais jamais avec des fanes de pommes de terres ou de tomates.

    Les feuilles des arbres sont pour maitre Jeannot une grande prairie aérienne, dont se régale le lapin de garenne, grand dévastateur des bois. Donnez-en par pitié à vos pauvres lapins captifs. Ils seront reconnaissant des feuilles d’arbres fruitiers lors de la taille, on peut aussi leur donner des feuilles de vigne pas trop sulfatées, des feuilles d’acacias, de frênes, de tilleul, de coudrier, de boulot, de saule et d’orme. Distribués les jeunes branches avec leurs feuilles encore attachées.

    Les lapins qui sont des rongeurs, rongeront ces rameaux ligneux avec volupté, au lieu s’aiguiser les dents sur les parois en bois de leurs cases.  

    Le surplus d’herbe ainsi que le foin en surplus doivent être entreposés sur des cadres grillagés et à l’air dès qu’ils sont récoltés, car ces herbes, comme les fanes de carottes surtout, fermentent facilement, et c’est surtout la consommation de ces choses fermentés qui provoquent chez les lapins des météorisations et le gros ventre.

    Quelque chose qui ne se fait pas souvent, mais qui est toujours très apprécié par les lapins c’est le foin sec, trempé pendant plusieurs heures dans de l’eau faiblement salée, puis égoutté avant la distribution.

    Les gesses, les vesces, les fanes de pois, d’haricots, de lentilles et de sojas peuvent être données même sèches.

    On peut, pour l’hiver, prévoir des provisions de carottes, fourragères ou culinaires, des rutabagas, des choux raves, des topinambours et des betteraves, mais ces dernières données sans excès. Les petites pommes de terres, cuites et saupoudrées de son sont très nourrissantes et très bien acceptés. Les débris frais de fruit, peau d’orange, de banane, épluchures de pommes et de poires peuvent être donnés. Les granulés pour lapins, les grains secs ou germés, blé ou avoine. Ils n’apprécient pas vraiment le maïs. Le gros son, les tourteaux d’arachides, de lin, de maïs, de coprah contribuerons à varier le menu.

Plantes toxiques :

    Mais attention ! Méfiez vous de la mercuriale, de la belladone, du mouron rouge, et ne donnez jamais de la digitale ni aconit, colchique cigüe, ellébore, bruyère saponaire, et ni renoncule. Sont également toxique, les feuilles de chêne, de troène, de laurier cerise et d’if.

    On voit pas ces quelques lignes, qu’avec un peu d’ingéniosité et de bonne volonté, il est assez facile de varier le menu de nos élèves.



Extrait de « Sélection Avicole » N° 159 de Mai 1977


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