La vitamine E dans l'alimentation du lapin

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    Il est indispensable que l’on s’intéresse de plus en plus à la supplémentation de vitamines E des aliments des lapins. Nombreux même sont ceux qui considèrent déjà que cette supplémentation apporte des avantages certains dans le domaine de la croissance, de la reproduction et de l’état sanitaire.

Image hébergée par servimg.com    En fait, les besoins du lapin en vitamine E sont très mal connus. De nombreux chercheurs considèrent toutefois comme superflue, la supplémentation en vitamine E des aliments destinés aux lapins, car les granulés préparés industriellement contiennent environ 60% de céréales particulièrement riche en vitamines E. En outre, il a été démontré que chez le lapin, la carence en vitamine E entraîne des formes graves de dystrophie musculaire. Ces troubles peuvent être provoqués expérimentalement en ajoutant à l’alimentation, de l’huile de foie de morue, des graisses ou acides gras, qui en l’absence d’antioxydants ou d’autres substances protectrices, rancissent facilement. De plus, il apparaît désormais comme évident que la coccidiose hépatique peut entraîner une carence organique en vitamine E, avec bien entendu, des répercussions défavorables sur la reproduction.

    Dans des conditions normales d’élevage et d’alimentation, il semble improbable que puissent se manifester des phénomènes de carences en vitamines E, ni d’ailleurs, que le dystrophie musculaire constitue un problème pour la reproduction industrielle du lapin de chair. Toutefois, les résultats de certaines recherches à caractère pratique, qui n’ont pas été publiés dans les revues spécialisées, mais qui ont été exposés au cours de conférences sur la cuniculture, montrent clairement les effets favorables sur la croissance obtenus par suite de supplémentation en vitamine E de l’aliment. Par suite et en vue d’obtenir des éclaircissements sur cette question, de nombreux éleveurs ont ait enrichir en vitamine E l’aliment destiné à leurs lapins, pour le plus grand bien de leur élevage.

    Pour facilité les réponses aux précisions sur les demandes concernant les doses d’emploi de la vitamine E, une expérience a été effectuée d’aout 1964 à janvier 1965, à la station expérimentale de cuniculture de Fontana (Californie). Pour cet essai, on utilisera des lapins néo-zélandais blancs, répartis au hasard en trois groupes : le premier recevait la ration standard et constituait le lot témoin (groupe 1) ; le second recevait la ration standard enrichie en vitamine E à raison de 10 000 U.I. par tonne (groupe 2) ; le troisième recevait la ration en vitamine E à raison de 20 000 U.I. par tonne (groupe 3).

    Pendant toute la durée de l’expérience, les sujets ne reçurent que ces aliments. Toute la nichée avait accès à l’alimentation, depuis le jour où les jeunes quittaient le nid, aux environs de 3 semaines, jusqu’au moment du sevrage intervenant à l’âge de 56 jours. L’alimentation était distribuée dans des mangeoires spéciales auxquelles les lapins pouvaient se rendre à n’importe quel moment.

    Les mères et les petits étaient logés dans des cages  entièrement métalliques, équipées d’abreuvoirs à « goutes ». Les accouplements avaient lieu tous les 39 à 42 jours.

 

Régime 1

Régime 2

Régime 3

Nombre de lapines

13

11

12

Nombre de nichées

18

20

18

Nombre de saillies par nichée

1.4

1.5

2.2

Nombre de lapereaux par nichée

 

 

 

Vivant

5.6

6.6

7.2

Mort

2.3

0.6

1.6

Totaux

7.9

7.2

8.8

Nombre de lapereaux, par nichée destinés à l’élevage

5.6

6.3

7.0

Nombre de lapereaux sevrés par nichée

3.1

4.1

4.9

Poids individuel au sevrage (Kg)

1.7

1.8

2.2

Poids total (Kg)

100.1

148.5

151.2

Poids total par lapine (Kg)

7.7

13.5

12.6

Mortalité

 

 

 

Lapines

6.0

2.0

0.0

Lapereaux entre 1 et 21 jours (par nichée)

0.3

1.3

1.7

Lapereaux entre 22 et 56 jours (par nichée)

0.9

0.5

0.4

Lapereaux éliminés par suite de la mortalité de la mère

24

8

0

    Les résultats de l’expérience ont été rassemblés dans le tableau annexé. A la lecture de ce tableau, il apparaît que les femelles recevant un supplément de vitamine E furent couvertes à plusieurs reprises de façon à éviter que le nombre des nichées ne soit faussé par une saillie ratée. En fin de compte, ces lapines donnèrent le jour à un plus grand nombre de sujets vivants. Ceci peut s’expliquer par le fait que la vitamine E est susceptible de favoriser la fécondité ainsi que la gestation.

    Les résultats concernant la mortalité ont été comptabilisés en fonction de deux périodes distinctes :

            1 – de l’âge de 1 à 21 jours, alors que les lapereaux ne sont nourris que par la mère

            2 -  de l’âge de 22 à 56 jours, alors que les lapereaux sont sortis du nid et sont sevrés progressivement.

    On remarque qu’au cours de la première période, la mortalité fut plus importante chez les lapereaux nés de mère ayant reçu un supplément de vitamine E. Les motifs pour expliquer ce résultat sont tous peu valable, mais on peut supposer que l’augmentation de la mortalité est en rapport avec le plus grand nombre de lapereaux mis au monde.

    Dans la seconde période, par contre, il semble que les suppléments de vitamines E permirent d’obtenir une diminution de la mortalité. De même, chez les lapines reproductrices, la mortalité fut moins importante dans les groupes qui recevaient un supplément de vitamine E. Dans ce dernier cas, la cause des pertes ne peut être imputée à la qualité de l’alimentation, mais l’état sanitaire et la résistance aux maladies se trouvèrent améliorés par la vitamine E ajoutée à l’alimentation.

    Les poids individuels au sevrage, ne furent guère améliorés par le supplément de vitamine E, mis la production totale de chaque lapine fut très nettement supérieure dans les lots recevant un supplément de vitamine E.


Extrait de « Sélection Avicole » N° 138 de Juin 1975


   


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