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Si toutes les volailles sans exception étaient
baguées au moment voulu et avec des bagues fermées, numérotés et portant
millésime, leur âge ne donnerait jamais lieu à discussion ou controverse,
puisqu’au simple examen de la bague on serait fixé. Mais je pense qu’on ne peut
guère admettre la possibilité du moins pendant très longtemps encore de baguer
tous les sujets. En conséquence, si on met de coté la question de la bague, il
faut quand même que tout aviculteur qui se respecte, sache, d’une façon où
d’une autre, déterminer avec une précision suffisante, l’âge d’un coq où d’une
poule.
La chose n’est pas d’emblée facile. Loin de là il
faut évidemment une certaine expérience et quelque peu de pratique ; mais
celui qui veut se donner la peine d’un examen attentif, semblable a celui
décrit pas les lignes suivantes, y arrive parfaitement. Il faut se souvenir que
la conformation de l’éperon « de l’ergot si vous voulez » la
constitution des rémiges de l’aile, la couleur des tarses, la qualité du duvet
et de la peau, constituent des moyens susceptible de déterminer l’âge des
poules et d’éviter toute erreur.
La qualité de votre troupeau de reproducteur et
l’avenir de votre élevage, dépendent des premières bêtes achetés par vous. Si
excellentes qu’elles soient, elles ne peuvent vous assurer une descendance
rigoureuse si elles sont âgées ; il y en est de même pour les sujets
améliorateurs introduits chez vous. Il faut donc que vous puissiez déterminer
avec assez de certitude l’âge des animaux qui vous sont vendus. Cela est
également nécessaire au juge qui ne doit pas primé, dans les expositions, des
sujets inaptes de par leur âge a toute fonction reproductrice.
L’aspect général des sujets vous permet d’aborder, de distinguer les jeunes et les adultes d’une façon à peu près certaine. L’absence d’éperon chez les coqs des espèces et des races qui doivent en avoir en vieillissant, la fraicheur du plumage, la présence du duvet sur le corps, une peau souple et rosâtre laissant voir des veines bleues, une teinte vive des pattes quelque soit leur couleur, une diversion relativement faible de la crête et des barbillons, une sveltesse générale, des cris ou un chant particulier caractérisant facilement nos oiseaux domestiques de toute espèce, lorsqu’il n’ont pas encore atteint l’âge d’un an. A partie de ce moment, la distinction de l’âge devient plus subtile et demande assez d’expérience. D’après la longue et minutieuse observation, voici par quels moyens vous pouvez reconnaître l’âge des poules et des pigeons.
L’éperon, que vous pouvez assimiler a la corne des
ruminants, est une production cornée supportée par une cheville osseuse et
recouverte d’un étui, également cornée, qui s’accroit chaque année d’une
longueur variable avec les races et mêmes les sujets. Cet éperon existe chez la
plupart des oiseaux mâles de basse cour ; les femelles n’en sont pas
ordinairement pourvues encore que les exceptions soient nombreuses. Les
volailles à tarses nues possédant des éperons plus développés que celles a
tarses emplumées, sont très facile a observer avec exactitude : cependant,
quelques races de Batam, ayant des éperons excessivement réduits, ne peuvent
pas être classées par cette caractéristique. Ainsi les sujets de ces races, âgées
de plus de 2 ans, n’ont souvent aux tarses que des légères protubérances, pas
plus accentuées que chez les jeunes oiseaux de 6 à 8 mois.
Dans les cas généraux les résultats des observations
sont les suivants : les coquelets e 4 à ( mois n’ont pas d’éperon, mais il
existe a la place qu’il occupe plus tard, une écaille tarsienne vbien plus
large que les autres ; bientôt cette écaille se soulève et laisse passer
une pointe qui, à 7 mois mesure 3 mm de longueur . A 1 an, l’éperon est
droit avec l’extrémité arrondie, et mesure 15 mm ; à 2 ans, il est
recourbé en haut ou en bas et atteint 2 cm et demi ; enfin à 3 ans, il est
très arqué, la pointe généralement en haut et dépasse 3 cm.
L’éperon continue à croître pendant toute la vie du sujet. Après la troisième année, il devient moins uni et de forme moins régulière ; il s’amincit, il durcit et pousse beaucoup plus lentement. Cependant, de très vieux coqs ont des éperons extrêmement longs, quelques fois recroquevillés et roulés en boules sur eux-mêmes. Considérant qu’un coq de quatre ans est déjà trop âgé pour être gardé avec avantage, excepté pour les expositions, les observations n’ont pas été poussées après cet âge, en général. Remarquez que, chez les races à 5 doigts, l’éperon est situé un peu plus haut que chez les races à 4 doigts. Il est vrai que chez ces dernières, vous constatez parfois des différences et des modifications qui se rapportent surtout au point d’origine du doigt postérieur, tant soit peu variable ; mais ces variations sont de peu d’importance.
Examen
de l’aile
Le détermination de l’âge des volailles par l’examen
des ailes est basé sur ce fait que les ramiges secondaires, celles qui poussent
sur l’avant bras, sont remplacée, au cours des mues successives par des ramiges
plus courtes, plus arrondies a leurs extrémités, dont la nervure est centrale
et qui sont déterminées par une pointe droite, légèrement saillante. Le nombre
de ces plumes de remplacement indique le nombre des mues accomplies par une
poule et, par conséquent sont âge. Cet examen ne peut être fait que la mue
terminée et les ramiges pleinement développé. Pour procéder à l’examen de l’aile,
déployez l’organe en forme d’éventail en pressant légèrement avec la main l’humérus,
prêt de l’épaule. Vous voyez :
premièrement les ramiges primaires formant, au bout de l’aile, une surface dont
les bords inférieur est régulièrement arrondie ; les régimes secondaires
qui sont bombés et ont le bout arrondies, se sont ces plumes que vous devez
examiner ; enfin entre les deux groupes de plumes, apparaissent une petite
plume isolé. De 6 à 14 mois, chez une poulette dont le plumage est complet,
vous constatez que la première ramige secondaire, après la plume axial, est
plus courte et plus arrondie avec la nervure plus centrale que les autres et
est déterminé par une pointe légèrement saillante.
Après la mue d’automne, chez la poule qui a plus de 18 mois, 2 ramiges présentent les caractères précédents. Chez une poule ou un coq de 3 ans trois ramiges indicatrices apparaissent après la mue et ainsi de suite, une ramige plus courte se substituant chaque année a la ramige tombée, et la différence de longueur d’accentue toujours entre la dernière ramige et la ramige suivante. Ces caractères sont évidemment marqués à des degrés différents, suivant les races et les sujets de chaque race. Bien entendu, également, l’étude de ces caractères devient impossible au tout au moins problématique, si le sujet a eut des plumes cassées ou arrachées ; il ne vous resterait plus alors qu’a vous fiez aux caractères secondaires, moins sure que les résultats qu’ils donnent. Procédez de préférence à l’examen de l’aile de la poule, dans le courant où vers la fin de l’hiver, où encore au commencement de l’été avant la mue, alors que chaque plume a atteint son complet développement et présente ces caractères distinctifs nettement accusés.
Observations
accessoires
Les tarses peuvent aussi vous fournir des
indications sérieuses, pour déterminer l’âge d’un sujet, leur teinte varie
presque toujours lorsqu’ils vieillissent. Ainsi les tarses noirs deviennent bleuâtres,
les jaunes tournent au blanc où au rose ; les grises ou les marbrés, au
bleu ; les roses au rouge. D’autres parts, les écailles qui recouvrent les
tarses et les doigts des jeunes volailles sont, dans les premières années, très
lisse, luisante, finie, à peine dessinées et très douce au touché, elles
adhèrent fortement à la patte. A chaque mue, elles apparaissent de plus en plus
larges et de plus en plus longues puis elles se soulèvent, s’accentuant d’avantage
et deviennent progressivement forte,
dures et rugueuses. Il est facile de vous en rendre compte en comparant
une patte de poulet avec celle d’un oiseau adulte ; dimension à part, la
différence est très accentuée.
Le duvet et la peau
subissent également l’influence de l’âge. Chez une jeune poule, le duvet
est soyeux, long, léger et très tenu. La peau est d’un tissu uniforme, variant
selon la race, fine, rosé et sillonné de très petites veines bleues. Chez
les poules de plus de un an, duvet et veines ont disparues, et la peau est
blanc mate, sèche, farineuse et a perdu souplesse et finesse.
Enfin, voici d’autres indications, qui peuvent être
utiles : apparition de traînées rouges dans les oreillons, ou des plumes
blanches jaune ou rouge dans un plumage qui n’en comporte pas ; jaunissement
des tons argentés ; augmentation du blanc dans les plumages cailloutés ;
aspect plus où moins terne de l’œil. Tous ces détails ont leur utilité pour
confirmer les résultats donnés par l’examen de l’éperon et de l’aile.
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Extrait de « Sélection
Avicole » N° 135 de Mars 1975